Malo Quirvane à nu (playmate financier)

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Vendredi soir, 400 personnes sont venues, le cœur généreux, assister à la naissance de la Maison de négoce littéraire Malo Quirvane. Je les remercie du fond du cœur.

Au cours de la soirée, plusieurs personnes, sur le mode de la boutade, m’ont répété ces deux phrases. « Tu avais des rentes à mettre quelque part ? » à propos de la création d’une maison d’édition. Et « Dis donc, tu fais fortune ce soir ! » à propos des nombreux achats de livres qui ont eu lieu vendredi.

Alors, je livre ici quelques précisions.

Montage de la boite, mise en route, travail et impression :
Mon associé-frère  Samuel de Cornulier et moi avons mis 10 000 euros de capital social dans la maison de négoce. Par ailleurs, de notre poche, nous avons payé un millier d’euros de fournitures.

Sara Sara a travaillé entièrement gratuitement pour créer l’identité visuelle et les maquettes.

L’associé-frère a créé le site internet et la boutique en ligne soir après soir après avoir couché ses enfants. https://maisonmaloquirvane.fr/boutique/

Axelle, toute jeune retraitée, a corrigé les livres gratuitement.

Pendant ce temps, chacun a continué à travailler pour manger, surtout les autres ! La solidarité familiale-amicale-amoureuse a fonctionné dans les moments de découvert bancaire.

Nous avons fait imprimer, en Vendée, 6000 livres. Nous avons calculé que pour atteindre le point mort restreint, c’est à dire pour attendre d’avoir remboursé l’impression tout en ayant payé les droits d’auteur, il nous fallait vendre 1000 livres.

La soirée :
Le domaine de Lavialle, sis à Donzac, dans le Bordelais, avec 70 bouteilles et les vins de Blaise de Stéphanie Rougnon avec 20 bouteilles ont entièrement sponsorisé la soirée de leurs bons vins. Sam et moi avons payé 700 euros les plateaux de fromage et de charcuterie et les tartinades de la mer, etc, nous avions l’impression d’être royaux mais ils sont partis en une demi-heure. La prochaine fois, promis, il y aura abondance de mangeaille ! Le gardiennage par le très sympathique Solal a été offert par Sara (pour l’instant) et nous avons piqué dans la caisse de la soirée de quoi payer le charmant caissier Anton !

C’est donc, à la louche, un investissement de 12 000 euros en argent et deux ans de travail suivi par Sara, Samuel, Édith, les deux directeurs de collection François Andelkovic et Jean-Baptiste Amadieu, sans compter les auteurs.

J’ai 8000 euros sur un compte que je garde au cas où j’en ai besoin pour financer la deuxième fournée de livres.

Je n’ai donc pas créé cette maison d’édition avec des rentes de marquise, ni fait fortune vendredi soir, mais c’est mille fois mieux ainsi. Je partage ces éléments, à ma manière, pour trois raisons :
1- j’ai adoré lire les chiffres donnés par Gilles Rozier de l’Antilope.
2- J’ai parlé fric lors de mon discours de vendredi soir car je suis fière de ma maison de négoce, ravie d’avoir appris à me débrouiller avec le greffe, le fisc, les fournisseurs, honorée de signer les auteurs à partir de 14% de droits pour eux. J’espère que cette entreprise va marcher, que le négoce va rapporter de l’argent à tous les acteurs de la maison. 
– Le nerf de la guerre nous concerne tous ! J’ai siégé de nombreuses années à la SGDL où j’ai vu la dure situation des auteurs, je souhaite partager la non moins dure situation d’éditeur indépendant ! Nous avons fait notre choix camarades ! Militons pour une vie meilleure mais assumons les risques.

Nous sommes à la moitié du point mort. Grâce à ceux qui s’intéressent à nos produits et qui les achètent. Des produits fabriqués en France, avec du beau papier, cousus, écrit en terrae incognitae par des auteurs exilés en zone imaginaire. Vive la littérature ! Vive le négoce littéraire ! Vivent les lecteurs !

Edith de Cornulier

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