Malo Quirvane, manifeste d’un éditeur autonome

On nous qualifie parfois d’éditeur indépendant. Nous disons plutôt interdépendant, malgré notre farouche volonté d’indépendance. Comment ignorer l’environnement éditorial et commercial dans lequel nous évoluons ?
On nous qualifie encore d’éditeur engagé. Engagé, oui, quand nous faisons fabriquer nos livres en France et faisons attention à souscrire à des offres, même numériques et bancaires, françaises. Quand nous réservons au moins 14% de droits d’auteur pour des cessions de droits de 10 ans renouvelable.
Mais nos auteurs sont engagés dans des causes très différentes, voire irréconciliables. Et nous mêmes, nous sommes souvent lassés par les innombrables causes justes. Parfois, même, plus tentés par le dégagement que par l’engagement.

Malo Quirvane : une maison autonome

Alors ce que nous revendiquons, c’est d’être une maison d’édition autonome. Autonome, c’est à dire qui se donne à elle-même ses propres règles, agit selon ses propres codes, mesure selon ses propres critères. Nos règles, sans jamais contrer la loi, aiment à innover, cadrer autrement, faire un pas de côté par rapport aux modèles convenus de l’édition. Nos codes nous permettent de faire coéxister le polar facile et l’avant-garde sans ponctuation, dès lors que la séduction littéraire s’impose. Nos critères ne passent pas forcément par la médiation des médias, mais par la création d’un univers qui se porte lui-même.

Malo Quirvane à la poursuite du lendemain

Nous avançons sur le chemin que trace notre volonté (le négoce des livres), en suivant une vision (l’intemporalité des livres). Au milieu des centaines de détails administratifs, commerciaux, humains et matériels qui nous tourmentent, il faut parfois lever la tête pour retrouver l’étoile qui nous a donné envie de vivre.
Mais quelle est cette étoile ? Est-ce l’étoile du berger ou celle du matin ? L’étoile des mages ou celle des neiges ?
C’est l’étoile inaccessible du lendemain. Notre rêve : que demain, et après-demain, on lise encore nos livres. Que demain, et après-demain, on dise encore : « Malo Quirvane ». Que demain, et après-demain, l’histoire de la Maison Malo Quirvane se soit émancipée des humains qui l’ont portée un temps pour flotter librement sur l’histoire littéraire. Que, comme des vins qui se bonifient avec le temps, nos petits Quirvane de papier soient trésors que le jaunissement et les tâches de café rendent plus précieux encore.

De tâtonnements en progressions

Depuis mars 2019 nous avons connu des succès, comme notre grand lancement qui a rassemblé plus de 400 personnes dans l’hôtel de Massa, haut lieu littéraire. Nous avons aussi commis des bêtises, comme surcompter sur l’événementiel sans prévoir l’ère du coronavirus ou encore tardé à professionnaliser le pilotage de la Société par Actions Simplifiée. Nous sommes une entreprise et à ce titre nous devons sans cesse améliorer notre conduite du système. Nous sommes une maison d’édition et à ce titre nous devons toujours nous redemander ce que c’est qu’un livre susceptible de créer des mondes nouveaux dans les cerveaux des lecteurs. Faire coexister le négoce et la littérature en servant ces deux maîtres exigeants et exotiques l’un à l’autre, sans les décevoir.

Nous appartenons à l’écosystème de l’édition et à ce titre nous tenons à agir avec nos partenaires, à notre place dans la chaîne du livre, en solidarité avec les libraires (à qui nous faisons 40% de remise), en fraternité avec nos confrères inspirants et créatifs, en bonne intelligence avec les institutionnels liés au livre et à la culture.

Start Up ou négoce intemporel ?

Nous tentons de concilier deux voies d’approche : d’une part le mode start up, c’est-à-dire user d’une grande fluidité et réactivité dans le travail, être au fait des outils de gestion optimale, et, malgré la brume décourageante des commencements, viser un développement croissant. D’autre part le mode intemporel, c’est-à-dire le renoncement à l’actualité, l’ignorance des « noms » et des « thèmes » , l’ancrage dans une histoire du livre qui a commencé avec les premières inscriptions sur les tombes et finira avec la mort de l’homme.

La citadelle Quirvane

« Nos fidélités sont des citadelles », écrivit Charles Péguy. Notre citadelle est la fidélité à notre bonne étoile du lendemain. Connaisseurs des exigences du passé, navigant sur la volatilité du présent, soyons fidèles à notre avenir ! C’est seulement ainsi que nous le verrons poindre comme l’aurore aux doigts de rose.

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