Connaître et joindre la Maison d’édition Malo Quirvane

#Important : Petite maison d’édition artisanale, Malo Quirvane ne reçoit pas de manuscrits.

#Contact
Maison Malo Quirvane

11, rue Saint-Nicolas, 75012, Paris.

#Directrice et éditrice : Edith de Cornulier-Lucinière
edithdecornulier(at)maisonmaloquirvane.fr

#Libraires,
Voici notre gencod distributeur : 3019008235403
Et voici le catalogue 2021
Depuis janvier 2020, nous faisons 40% de remise libraire et partageons les frais de port.
Sur Paris : Nous livrons dans les 48h ou bien coursier sur RV à l’adresse ci-dessus, 75012. Téléphoner au 06 75 72 34 18.

#Malo Quirvane, une demi-heure d’éternité
La Maison de négoce littéraire Malo Quirvane est une maison d’édition spécialisée dans la publication de textes courts, à lire comme des romans intenses mais rapides, une demi-heure de plongée en littérature profonde, un oubli du monde au milieu du monde – dans le métro, à la pause-déjeuner, avant d’éteindre pour la nuit.
Les ouvrages sont fabriqués en France (à La Mothe Achard), en prenant soin de la qualité du papier et de la fabrication (ouvrages cousus).

#Conception du site : WorthWhileWeb Catalogue-MQ-2021 complet

Interview d’Edith de Cornulier – avril 2021

Édith de Cornulier, vous êtes la directrice et l’éditrice de La Maison Malo Quirvane, pouvez-vous nous raconter la naissance de cette maison d’édition et pourquoi avoir choisi ce nom “Maison de négoce littéraire “?

La Maison de négoce littéraire Malo Quirvane est née par un soir d’hiver 2018 dans une ferme du Morvan, le jour anniversaire de la mort du frère de Malo (Servan Quirvane). Malo souhaitait créer cette maison d’édition parce qu’après trente ans d’activité agricole, il voulait reconvertir sa ferme dans la confection de textes et de livres. Il trouvait que la culture était la fille naturelle de l’agriculture, que le négoce ne s’oppose pas à l’art. La folie ne lui a pas laissé le temps d’achever son œuvre, mais nous l’avons reprise avec mon associé. Ensuite , la Maison Malo Quirvane a dû, à regret, quitter la ferme morvandelle pour se réfugier rue Saint-Nicolas, à Paris, dans le douzième arrondissement. C’est désormais entre le Faubourg Saint-Antoine et la rue de Charenton,à quelques encablures du Port de l’Arsenal, que notre équipe travaille aux livres de la Maison.

Vous avez donc repris le flambeau et peaufiné la ligne éditoriale, pouvez-vous nous raconter la genèse de votre concept « Une demi-heure de lecture éternelle »?
Tout est parti du constat suivant : j’ai vu mes amis étudiants devenir des adultes diplômés et cadres. Eux qui, à 20 ans, adoraient farfouiller en quête d’auteurs inconnus et de livres secrets, passé 30 ans, ils ne lisent plus que les bouquins que l’on trouve sur les tables grand public des libraires, arguant qu’ils n’ont pas le temps de chercher, pas le courage de lire des choses trop complexes. Par ailleurs, j’entendais les bibliothécaires dire que beaucoup de gens achètent ou empruntent des livres qu’ils commencent et ne finissent jamais. C’est ainsi que j’ai songé à la nouvelle, non pas en recueil, mais comme une œuvre en elle-même, un mini roman que l’on ouvre un soir en se couchant et qu’on a fini quand on éteint la lumière…

Comment se passe la rencontre avec les auteurs de la Maison Quirvane ?
La Maison Malo Quirvane est un atelier artisanal de fabrication de textes autour de collections. Nous publions uniquement des textes de commande et nous allons chercher les auteurs avec qui nous souhaitons travailler. Il n’y a personne, chez Malo Quirvane, pour recevoir des manuscrits ou projets puisqu’ils se font à la maison.
Auteurs et scénaristes nous offrent des textes tels que les aimait Quirvane, au goût âpre et vif, à déguster comme un vieux pommeau ou une fraîche cervoise. Le directeur de la collection Fragiles Pouvoirs, François Andelkovic, aime particulièrement le travail main dans la main avec l’auteur.
Nous signons des contrats dans lesquels les auteurs ne touchent jamais moins de 14% de droits d’auteur, et nous réservons des cessions de dix ans, c’est-à-dire qu’un auteur, au bout de dix ans, peut reprendre ses droits ou bien nous les confier pour dix nouvelles années.

Comment faites-vous pour la diffusion ?
Dans le monde réel, un livre reste 2 semaines en librairie ; s’il n’a pas bien démarré, il disparaît des étals de libraires. C’est pourquoi, le principal bénéficiaire du monde de l’édition, celui qui est certain de gagner de l’argent, c’est le distributeur : il gagne quand il apporte les livres aux libraires, il gagne quand il rapporte les invendus à l’éditeur, il gagne quand il stocke et il gagne quand il pilonne (notons au passage qu’il facture plus cher le stockage que le pilon). Le système des retours, qui permet au libraire de retourner les invendus, est vicieux, puisqu’il assure une trésorerie passagère à l’éditeur, que celui-ci devra rembourser en cas de renvoi de son stock. Ce système pousse à la surproduction et se mord la queue. Donc j’ai choisi de commencer sans distributeur, avec comme modèle les brillantes et discrètes éditions du Chemin de fer, qui depuis presque 20 ans assurent leur commercialisation sans distributeur. C’est difficile, parce que pour un libraire, travailler avec un éditeur auto-distribué, c’est se fatiguer à tenir des lignes de comptabilité à part. Ainsi, un libraire qui me commande un livre recevra une facture riquiqui par mail qu’il devra traiter à part des grosses factures assurées par le distributeur à intervalles réguliers. C’est pourquoi certains libraires refusent de commander à un éditeur indépendant. Parfois, quelqu’un me dit : « mon libraire n’a pas pu le commander ! » Alors je sais que c’est faux, tout libraire de France commande un livre de Malo Quirvane en un clic sur les plateformes dédiées. C’est juste qu’il se dit qu’il va perdre du temps pour quelques euros ! Je note heureusement que la plupart des libraires sont de grands militants du livre et de l’édition, qu’ils reconnaissent le rôle de la petite édition indépendante et jouent le jeu avec bonne humeur.

Comment s’est passé le lancement de Malo Quirvane ?
Nous avons d’emblée voulu surgir du néant avec un catalogue qui permette vraiment de nous définir, nous avons donc pris le temps de composer les livres et sorti dix premiers titres en mars 2019. C’est alors que nous avons organisé une grande soirée de lancement dans un lieu emblématique : plus de 400 personnes sont passées à l’Hôtel de Massa le 29 mars 2019 au lancement de la Maison Quirvane. Ensuite, nous avons pu organiser plusieurs événements en librairie (La terrasse de Gutenberg, Vocabulaire), participé au marché de la poésie. Plusieurs libraires deviennent des soutiens, comme L’écume des pages, la grande librairie de Saint-Germain des Prés, qui a mis nos livres en vitrine, puis sur le comptoir de la caisse, avant d’accueillir notre présentoir sur une de leurs tables. En 2020, la Région Île-de-France qui nous avait repérés nous a contacté pour nous accueillir, comme « jeune pousse », sur son stand au Salon du livre de Paris.. . Tout semblait décoller à merveille jusqu’à ce que l’étrange corona s’abatte sur le monde.

Comment avez-vous vécu le confinement et la crise sanitaire ?
Comme une catastrophe, un mur en pleine face. Le lancement de mes 9 nouveaux livres prévu à la librairie Traversées est tombé à l’eau : 9 nouveautés sans lancement, 9 livres qui viennent au monde dans l’obscurité la plus totale, 9 lumières sous le boisseau ! Puis le Salon du livre, sur lequel nous avions la chance d’être invités par la Région, a été annulé. Pendant 2 mois, je n’ai pas pu vendre un livre, du fait du confinement et de la quasi fermeture de la poste ainsi que de l’impossibilité d’accéder au local où attendaient nos pauvres livres. L’accablement s’est poursuivi avec l’annulation du marché de la poésie, l’impossibilité d’organiser des événements alors que nos événements étaient notre manière de nous faire connaître et de vendre nos livres. Quand nous avons repris la vente, c’était mieux mais nous avions une impression de végéter tristement. En décembre 2020, un sursaut de révolte nous saisit avec ma consœur Anne Lima, des éditions Chandeigne. Nous provoquons le néant et organisons une journée vente de Noël, dans sa librairie de la rue Tournefort, qui est un succès, un soulagement, une victoire et un grand moment de bonheur pour toutes les personnes présentes. Grâce à une parfaite aération du lieu, il n’y a pas eu de cas de covid. Et nous avons je crois rendu service à beaucoup d’amis qui, comme nous, souffraient du grand néant amical et culturel.

Comment vous projetez-vous ?
L’absence de visibilité sur la possibilité d’organiser de beaux événements comme nous aimions le faire, nous pousse à changer notre mode de navigation. La Maison de négoce littéraire Malo Quirvane est un bel outil, une entreprise (SAS) petite mais vivante et intéressante. Nous produisons de beaux livres, variés, nourrissants, substantiels. Nous recevons des compliments, nous touchons des lecteurs, c’est donc un devoir de développer la Maison sans attendre des lendemains qui ne viennent pas. Dès le début nous nous sommes dotés d’une boutique en ligne pour la vente directe. Il faut donc maintenant structurer notre manière de travailler afin que le mouvement ne vienne pas de l’extérieur, mais de nous. Comment développer Malo Quirvane quelles que soient les conditions ? Comment écouler les stocks, comment toucher plus de libraires, comment dynamiser et professionnaliser notre aventure ? Pour répondre à ces questions, nous nous sommes entourés de nouveaux talents et remis au travail.

Aujourd’hui où peut-on acheter vos livres ?
Nos livres s’achètent sur notre boutique en ligne et se commandent dans n’importe quelle librairie.

D’autres projets en vue ?
Bien sûr, des livres en vue, des collections en gestation… Mais surtout, notre fierté est que nous ne cessons jamais d’accompagner un livre que nous avons mis au monde. Chaque livre brille à notre catalogue et nous n’en laisserons jamais tomber aucun. Nous réexpliquerons le pourquoi de ce livre, nous trouverons ses amateurs, car si nous l’avons publié, c’est qu’il était porteur d’un sens à saisir. Ainsi, si, comme notre manifeste l’indique, nous sommes tournés vers l’avenir et guidés par la fidélité à notre avenir, nous n’oublions aucune partie de l’aventure passée. Je suis une buveuse d’Armagnac et d’eaux de vie et je sais comme le temps bonifie les bons fruits élégamment distillés.

(Mention semi-légitime : Pour des raisons antispécistes, la SAS Malo Quirvane ne produit plus d’alcool de salamandre).

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